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Jeux d’écriture : projet « néo-oulipo »

Il me semblait important d’introduire cet article par une photo de petites pattes de chat, devant ma tentative de poème. Car je pense qu’il se joue quelque chose d’important dans le rapport entre le chat, l’œuvre et l’artiste. C’est la seule explication possible au fait que le terrible animal, pourtant si indépendant par ailleurs, s’immisce systématiquement entre l’artiste et son œuvre au moment de l’élaboration.

Sans doute une forme de jalousie mal placée. Un combat terrible pour monopoliser l’attention de l’artiste pour qu’il ajoute des croquettes dans la gamelle plutôt que des coups de pinceaux sur la toile, des mots sur la page, des livres sur la tables !

Poèmes en tranches de livre

Réveiller le tigre,
Le chat de Schrödinger…
La vie a-t-elle un sens ?
Ma langue au chat.

Sasha a encore frappé, donc ! C’était beaucoup trop tentant, je ne pouvais pas ne pas prendre cette photo ! Mais ce n’est pas pour partager les vicissitudes de la bête que j’ai commencé à écrire cet article, plutôt pour partager un petit moment poétique et littéraire. Voici un challenge venu d’Angleterre que j’avais vu passer sur Facebook et qui m’avait bien plu : écrire des poèmes avec des titres de livres. Un moyen original de présenter sa bibliothèque.

En outre, l’exercice est assez amusant, même s’il peut susciter quelques nœuds au cerveau. L’idée étant de n’utiliser qu’une seule fois chacun des livres, d’essayer de faire des phrases correctes, qui aient du sens. Et si en plus il peut y avoir un trait d’humour… Ça m’a par exemple beaucoup amusée d’associer de la philo, de la physique quantique et un livre de San Antonio, mais je peux admettre que c’est d’un humour douteux !

Encore des contraintes !

Comme expliqué dans un précédent article, la contrainte, induite dans notre cas par un nombre fini d’expressions, stimule la créativité. Je suis sûre que les amateurs des jeux oulipiens pourraient apprécier l’exercice. En terme de processus créatif, c’est relativement simple et ça ne suppose comme matériel, vous vous en doutez, juste des livres.

Loin à l’intérieur,
Dans le cerveau du monstre,
Le monde s’effondre.
Et toi mon cœur pourquoi bas-tu ?
Une autre fin du monde est possible.

Dans mon cas, j’ai commencé par me ré-imprégner des titres présents dans ma bibliothèque (j’ai refait quelques découvertes de livres oubliés, plus quelques doublons…). Puis, j’ai constitué des tas en fonction des similitudes de sujets, en privilégiant surtout les titres avec des verbes ou qui n’étaient pas seulement composés d’un nom. Le sens vient ensuite, par empilage et dépilage successif, jusqu’à atteindre la quintessence du verbe !

Quelques autres exemples de poèmes

Voilà une petite sélection de mes expérimentations poétiques. Tout l’enjeu est d’imaginer les coupures et les ponctuations, qui comme le montage pour un film, apportent tout le sens des poèmes, si tant est qu’il y en ai vraiment un.

Comment je vois le monde 

de la séduction :

Une chambre à soi 

en bonne compagnie.

Le jeu et la passe, 

L’aventure ambiguë !

Les filles du Soleil,

Les filles du feu…

Sous l’orage,

Les âmes blessées,

Les âmes mortes.

Psychologie des foules,

Essais sur l’individualismes ;

Au delà de la culture,

Les nouvelles solitudes.

Mon dernier rêve sera pour vous

La nuit juste avant les forêt.

L’autre moitié du songe m’appartient.

L’Ombilic des Limbes,

L’œil de l’esprit,

L’odeur du si bémol :

Imaginarium

Très intime.

La grande transition de l’humanité :

Algorithme éponyme

En mouvement !

L’art de la séduction,

La source de l’amour propre.

Fictions !

A moi seul bien des personnages.

Quand l’art rencontre la science,

Le normal et le pathologique :

Contes de la folie ordinaire.

Alors, que pensez-vous de ce petit exercices ? Certaines poèmes vous ont-ils plu, vous ont-ils donné envie d’essayer ?

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