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Avoir ou ne pas avoir un travail complémentaire à son activité artistique ?

Ma mère m’a emmenée, plus jeune, au musée Dali à Montmartre. Un guide, qui nous racontait la vie et l’œuvre de l’artiste, nous expliqua que Dali avait exercé tout un tas de métiers dans sa vie autour de son activité artistique. Il a par exemple organisé des soirées surréalistes où les invités déambulaient avec des tenus parfaitement excentriques, tel le Chapeau Chaussure ou la Robe Homard, en collaboration avec son amie, la styliste Elsa Schiaparelli. A croire que les grands artistes, même pour gagner de l’argent, arrivent à être originaux et créatifs !

Elsa Schiaparelli et Salvador Dali
Elsa Schiaparelli et Salvador Dali

Le travail d’artiste a changé

La vie d’un artiste d’hier est bien différente de celle d’un artiste actuel. Internet est passé par là, les réseaux sociaux, les marchés d’art en ligne. Aujourd’hui, un artiste peut entrer directement en contact avec son public, sans passer nécessairement par un galeriste ou une exposition pour se faire connaître.

Ainsi, il est devenu beaucoup plus simple pour un individu de mettre en avant ses activités artistiques, mais le revers, c’est qu’il devient de plus en plus difficile de se faire reconnaître au milieu de cette offre grandissante. Et comme nous l’avons vu dans un précédent article (https://arteprojet.fr/conseils-pour-calculer-le-prix-de-ses-oeuvres/), cela reste difficile de vivre complétement de la vente exclusive de ses œuvres, du moins les premiers temps.

Il est parfois indispensable d’avoir une activité complémentaire. Si je résiste personnellement à cette idée, avec un peu de mauvaise foi peut-être (comme quoi travailler prendrait tout mon temps qui serait bien mieux utilisé dans une activité artistique…) la question est pourtant légitime.

Faut-il vraiment vivre de sa passion ?

Première question importante, est-ce une bonne approche de transformer sa passion en travail ? On voit aujourd’hui des tas d’articles, vidéos, formations fleurir sur internet avec la recette pour faire de sa passion son travail. L’argument marketing est ultime, vivez de votre passion, et comme c’est votre passion ça sera facile ! Vous n’aurez plus l’impression de travailler de votre vie !

Mais le risque n’est-il pas de se retrouver dégoûter de sa passion parce que justement il y a les contraintes du travail. La gestion d’un planning, d’un budget, des stocks ou des clients, la communication et puis aussi la nécessité de produire régulièrement. Et qui mieux que l’artiste connaît ces nuits d’angoisse devant sa toile ou sa page blanche à la recherche désespérée d’inspiration et de sens ? L’injonction de produire, de communiquer, de vendre ajoute ainsi pas mal de pression.

Selon l’artiste et auteur Austin Kleon, trouver un boulot relativement agréable qui ne prenne pas tout son temps et son énergie, permettrait à l’inverse de s’octroyer des plages horaires pour sa passion, tout en garantissant un revenu stable qui donne aussi une liberté psychologique à la créativité. « Il est sans doute plus important d’obéir à une routine que d’avoir beaucoup de temps à soi. L’inertie tue la créativité. »

Par exemple André Breton, dans un premier temps, puis à côté de son activité artistique, a été infirmier, travaillant notamment au Centre de neuro-psychiatrie de Saint-Dizier. Cette relation avec ses patients, dont il voit la folie comme capacité de création, a été l’une des prémisses du mouvement Surréalisme. Une activité non artistique peut alimenter son art et réciproquement.

6 idées de revenus artistiques complémentaires

Néanmoins, dans la mesure où il n’est pas si simple de trouver un travail qui soit à la fois enrichissant autant financièrement que psychologiquement ou que faire autre chose que de la création soit un crève-cœur absolu, il existe des moyens pour arrondir ses fins de mois qui restent artistiques.

Voici quelques idées, glanées à droite et à gauche au fil de mes recherches et mes lectures. Si vous en connaissez sans doute la plupart, j’espère vous proposer quelques suggestions intéressantes.

Vendre des reproductions d’art

Vous pouvez vendre des reproductions de vos œuvres, mais il faut respecter certains critères pour donner une réelle valeur aux tirages : la qualité du support et de l’encre, la signature, la certification de l’artiste, voire de l’imprimeur, un tirage limité. En cela ils diffèrent des produits dérivés et prennent de la valeur avec le temps, en fonction de la rareté du tirage.

Le site https://www.digigraphie.com/fr/index.htm propose des tirages professionnels pour les artistes accompagnés d’une certification. Le site https://www.repro-tableaux.com/, quant à lui, se spécialise dans la reproduction d’œuvres sur divers supports (papier, toile, métal, verre trempé). Cette approche permet de toucher une autre cible aux moyens plus modestes mais intéressée par votre travail, ou de continuer à vendre des reproductions d’une œuvre déjà vendue.

Pour plus d’informations sur cette question, cet article donne des conseils intéressants autant pour faire des tirages d’art que pour en acheter : http://www.lilitedumont.com/quelques-regles-en-matieres-deditions-limitees/

Vendre des produits dérivés

De nombreux sites proposent de créer des produits dérivés à partir d’images directement importées sur leur site. Il est possible de faire des posters et cartes postales, mais aussi des impressions sur des t-shirts (https://teespring.com/) ou encore sur des sacs en toiles, cousins, pochettes d’ordinateurs, tables basses… (https://society6.com/). Certaines images, selon moi, donnent particulièrement bien sur un mug, d’autres sur une coque de téléphone, c’est l’occasion de faire des cadeaux originaux et personnalisés !

Par ailleurs, j’ai aussi rencontré un artiste qui lui fabriquait directement ses produits dérivés, notamment des bijoux ou porte-clés, à partir de petites impressions de ses peintures recouvertes de résine.

Faire des œuvres sur commande

Cette approche est déjà utilisée par beaucoup d’artistes qui proposent de faire des dessins, des peintures personnalisées à partir de photos fournies par les acheteurs. Les portraits d’animaux de compagnie ont particulièrement la cote.

Il peut être intéressant de faire un petit tour sur le site de ces artistes qui souvent présentent leur grille tarifaire, en fonction de la taille du support, de la technique, du nombre de sujets représenté ou encore s’il s’agit d’une copie exacte de l’image de base ou seulement d’inspiration. Cela peut donner une idée intéressante du marché si vous voulez vous lancer dans cette aventure.

Par ailleurs, j’avais trouvé ce site https://www.dessinemoiunsouvenir.com/ dans lequel les artistes pouvaient proposer leurs annonces d’illustrations personnalisées. Je n’ai pas encore testé, mais ça peut être un bon point de départ. Si vous avez essayé, n’hésitez pas à faire part de votre expérience en commentaire.

Faire de l’affiliation

Si vous avez un blog, vous pouvez proposer et promouvoir des contenus et formations de tierces personnes, de dessin ou de peinture par exemple. Si une personne passe par votre lien pour acheter la formation affiliée, un petit pourcentage vous sera reversé. Il s’agit là d’un type de revenu passif, mais il peut être intéressant parallèlement de faire une campagne de publicité pour vendre le produit. Il est d’ailleurs parfois plus facile de commencer par vendre les produits ou formations de quelqu’un d’autres avant de vendre les siennes.

Quelques informations supplémentaires dans cet article : https://www.commentcamarche.net/faq/12444-l-affiliation

Proposer des formations en ligne

Vous pouvez par la suite envisager de créer vous-même des formations en ligne, voire de les proposer vous aussi à l’affiliation. Tout l’intérêt étant qu’une fois la formation créée, elle peut être dupliquée de façon illimitée, sans coup supplémentaire de fabrication ou de temps. Si l’investissement de départ peut être long, l’approche s’avère vite rentable pour peu que des gens s’y intéressent. D’où l’intérêt de faire un bon lancement de produit.

La plate-forme Udemy (https://www.udemy.com/) possède une grande communauté, et propose beaucoup de formations intéressantes, le bémol, c’est que vous ne pourrez pas vendre vos formations très chères car il y a constamment des promotions imposées par le site.

Proposer des formations ou ateliers d’art ou d’expression artistique

Après la formation en ligne, rien n’empêche de tester des ateliers ou formations en présentielle, même si se pose la question du lieu. Je ne suis pas vraiment spécialiste de cette question, j’imagine qu’il est possible de trouver des partenariats avec associations par exemple. Une autre idée serait de proposer un atelier VIP, en cadeau d’un concours ou pour remercier un bon client, dans un cadre plus intimiste, ce qui règle le souci d’infrastructure.

En conclusion, devenir artiste-entrepreneur

Il y a encore pas mal d’idées, si vous avez des suggestions n’hésitez pas à les rajouter en commentaire, et autant à imaginer comme les soirées surréalistes de Dali.

Ce que je retiens, c’est que pour pouvoir vivre de son art, il ne faut plus être seulement artiste mais aussi entrepreneur. Cela suppose d’utiliser des techniques éprouvées dans les domaines de la communication, du marketing, de entrepreneuriat pour son activité artistique. En plus de ça, il faut développer son esprit d’entrepreneur, tester de nouvelles approches, diversifier ses activités et voir ce qui marche, mais surtout, accepter de considérer ses œuvres aussi comme des produits à vendre. C’est peut-être là que le bât blesse, en tout cas pour moi, il va falloir que je travaille sur ce point !

1 réflexion sur “Avoir ou ne pas avoir un travail complémentaire à son activité artistique ?”

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