Quand on débute dans le monde artistique professionnel, on en arrive assez vite à la délicate question du prix de ses œuvres, car malheureusement un artiste ne peut pas seulement vivre d’amour de l’art et d’eau fraîche ! La question est d’autant plus délicate que c’est parfois un crève-cœur de se séparer d’une œuvre tant on a mis de soi à l’intérieur, je pense que vous l’avez déjà tous vécu au moins une fois, et qu’on n’accepterait de la vendre que pour un très bon prix.
Fixer le prix de ses œuvres
Pour rationaliser un peu tout ça, j’ai fait quelques petites recherches. Sur les nombreuses approches possibles pour fixer le juste de prix de son travail, j’en ai retenues deux qui m’ont semblées particulièrement pertinentes.
La première se positionne par rapport au marché de l’art, pour éviter de surévaluer ou sous-évaluer son travail, car mettre un mauvais prix envoie un message négatif aux acheteurs potentiels :
- un prix trop élevé présente le risque de ne pas vendre du tout et de passer pour prétentieux en surestimant sa valeur.
- proposer un prix trop bas, si certaines personnes sont prêtes à payer, elles n’apprécient pas vraiment le travail réalisé, la démarche, et risquent de se plaindre si les prix augmentent. A l’inverse, les vrais amateurs d’art pourront accorder moins de valeur artistique à une œuvre sous-évaluée.
Ainsi, cette première approche suggère d’analyser le marché et de faire une fourchette des prix relatif à un travail similaire (sujet, technique, support, taille…) pour un artiste à l’expérience similaire (diplôme, prix, cote…). Cela peut donner une bonne idée du prix que l’on peut fixer sur une de ses œuvres, sachant qu’avec l’expérience et les distinctions ces prix pourront augmenter. D’après ce que j’ai lu, il est préférable d’augmenter régulièrement ses tarifs, par exemple de 50€ tous les ans.
Une seconde approche, plus personnelle et stratégique, consiste à définir un objectif de vente après avoir soustrait tous les coûts de son activité artistique. Autrement dit, si vous êtes un artiste professionnel, à combien vendriez-vous vos œuvres pour qu’il vous reste une somme suffisante à la fin du mois pour vivre confortablement, toutes déductions comprises ?
Tableaux comparatif prix / production
Débutant dans ce milieu, je ne peux pas avoir d’énormes prétentions de prix, j’ai donc fait quelques tableaux comparatifs pour avoir une meilleure idée de ce qu’il en retourne. Pour simplifier, j’ai pris une moyenne de gain de 2000€/mois, (soit 24000€/an divisé par le prix d’une toile, pour calculer le nombre de toiles à vendre) en admettant que cela couvrirait les coûts de production, plus les différentes charges mensuelles.
| Prix | Nb toiles à vendre/mois | Nb toiles à vendre/an |
| 1000 € | 2 | 24 |
| 500 € | 4 | 48 |
| 250 € | 8 | 96 |
| 100 € | 20 | 240 |
| 50 € | 40 | 480 |
Ce premier objectif semble complexe à atteindre, en tout cas à mon niveau. Voici un deuxième tableau, moins ambitieux et sans doute plus réaliste, pour un objectif de bénéfice de 5000€ pour une année, en complément de revenu.
| Prix | Nb toiles à vendre/mois | Nb toiles à vendre/an |
| 1000 € | 1 tous les 3 mois | 5 |
| 500 € | 0 à 1 | 10 |
| 250 € | 1 à 2 | 20 |
| 100 € | 4 | 50 |
| 50 € | 8 | 100 |
Même dans ce second exemple, l’objectif ne semble pas si évident à atteindre, entre vendre beaucoup d’œuvres à un faible coût ou peu à un coût important, ou un mélange des deux, bien évidemment !
Pistes pour améliorer sa rentabilité
Si je considère, dans mon cas spécifique, le temps que je mets sur certaines de mes aquarelles, en moyenne 15 à 20 heures, mais je suis déjà montée à une cinquantaine d’heures, j’aurai vraiment dû mal à être rentable.
Quels moyens d’actions serait possible pour améliorer les objectifs de ces tableaux ? Soit vendre plus d’œuvres, plus chers. Voici quelques pistes qu’il faudra que j’expérimente, en espérant que cela pourra aussi vous inspirer !
Pour augmenter ses prix de vente :
- Choisir des formats, des techniques qui se vendent plus chers si cela peut s’adapter à son activité (les grands formats se vendent plus cher, de même que l’huile et l’acrylique, plutôt que l’aquarelle)
- Augmenter régulièrement et progressivement ses prix en fonction de son expérience
- Augmenter sa cote d’artiste en participant à des expositions, en gagnant des prix, en développant sa communication pour faire parler de ses œuvres dans les médias
Pour augmenter sa productivité :
- Mieux organiser son temps
- Expérimenter de nouvelles techniques de création ou matériaux, afin d’optimiser le coût et la production de ses œuvres, qui à investir dans de meilleurs outils au départ
- Faire des séries d’œuvres sur un même thème, développer des collections
- Mettre en vente, en plus de ses œuvres, les croquis de préparation, les études et planches de recherche
Il y a sans doute d’autres pistes auxquelles je n’ai pas pensée et si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à les ajouter en commentaire. Néanmoins, dans un premier temps, il sera sans doute nécessaire de trouver des compléments d’activités. J’aimerai autant que cela tourne autour de mon activité artistique, plutôt qu’un job strictement alimentaire, mais cela fera l’objet d’un futur article !
1 réflexion sur “Conseils pour calculer le prix de ses œuvres”
Génial 👍 j’adore tes articles, on est vraiment au coeur des problématiques d’artiste : bravo, cela peut vraiment être une lumière pour ceux qui désirent développer leur activité 👍