Je vais vous présenter une petite technique qui m’a permise de décoincer un peu mon imagination. Est-ce que ça vous arrive aussi, si vous aimez dessiner, d’avoir quelques sujets que vous maîtriser bien et que vous les dessiner tout le temps, sans trop y réfléchir ? Moi, ce sont les visages et corps féminins principalement. Je faisais des gribouillages un peu partout, dans les marges de mes cours ou de mes carnets de notes au boulot.
Le problème, en tout cas pour moi, c’est que j’ai du mal à dessiner autre chose, à sortir de certains modèles et d’une certaine esthétique. Ce qui est très frustrant quand il s’agit d’essayer de dessiner d’imagination, si on veut essayer d’être un peu plus original. J’ai donc mis en place un petit exercice, pour accepter que ça ne soit pas parfait et pas nécessairement beau, en dessinant des monstres !
Mode d’emploi
Le matériel est le suivant, du papier, de préférence un petit carnet de croquis (un trop grand format pourrait faire peur), plus un feutre de couleur très clair, un stylo noir fin et un stylo blanc. Pas de crayon, ni gomme, c’est donc du dessin sans filet, mais le risque est moins insurmontable grâce au feutre clair, pour la base, et le stylo blanc, qui permet de faire des petites corrections et d’ajouter de la profondeur au dessin en jouant sur les ombres et la lumière.
Il s’agit pour cet exercice de ne pas utiliser de modèle, mais plutôt de travailler avec la mémoire et la liberté du geste. Le thème à son importance bien évidemment ! Les monstres ont ceci d’intéressant qu’ils n’ont pas de forme prédéfinie ou imposée, mais laisse une grande marge de liberté, par rapport aux règles de proportions ou aux canons de beauté. C’est mal foutu, c’est moche : c’est pas grave, c’est un monstre !
Commencez avec le feutre clair, en essayant de tracer des lignes, le plus librement possible, sans avoir nécessairement de schéma en tête. S’il vous est difficile de dessiner une forme, partez sur une autre. Ce n’est qu’une fois ce travail réalisé que vous utiliserez le stylo noir fin (ou quelques uns de tailles différentes), pour donner un peu de sens et définir vraiment les lignes et les ombres. Enfin, le blanc permettra à la fois de masquer les éventuelles erreurs et d’apporter de la lumière.
Monstre en liberté
L’exercice demande à être répété plusieurs fois pour réussir à sortir de ses propres habitudes de dessins. Au début j’ai continué par faire des figures féminines, car c’est le sujet que je dessine le plus souvent, de manière instinctive, et pour lequel je n’ai plus besoin de modèle. Mais avec cet exercice je voulais sortir de ma zone de confort. A noter que ma définition de monstre n’a ici aucune connotation morale ou esthétique par défaut. « Monstre » sera considéré dans son appréhension la plus simple : écart à la norme, difformité, chimère.
J’ai donc débuté un carnet de monstres où l’on peut constater l’évolution des créatures, de plus en plus étranges, qui s’éloignent progressivement de la figure humaine ou de critères esthétiques. L’une des plus grandes difficultés de l’illustration est de réussir à faire des dessins d’imagination et sortir de la copie pur et simple. En l’occurrence, ce type d’exercices aide à reprendre confiance en son trait car il n’y a justement aucun critère de justesse ou d’esthétisme. Il n’y a pas d’autre exigence que de « dessiner quelque chose » et de ne pas s’arrêter, en dehors de tout jugement.
Il y a sans doute d’autres sujets qui peuvent donner ce genre de liberté dans la forme, des plantes imaginaires ou des paysages de science-fiction peut-être. Et vous quels sont vos secrets pour sortir de votre zone de confort graphique et libérer votre imagination ?