J’ai commencé l’aquarelle il y a 5 ans, alors que je résidais pour quelques mois aux États-Unis, dans un centre culturel à Houston qui proposait tout un tas d’activités, entre autre aquarelle et danse orientale. L’aquarelle est un médium très riche, qui peut être utilisé de beaucoup de manières différentes pour une grande variété de rendus, ce que nous allons voir dans cet article.
Un besoin de contrôle…
Comme pour le dessin, j’ai surtout appris l’aquarelle en copiant. Mais si l’aquarelle donne la possibilité de faire des choses très fines, la manière dont sèchent les pigments sur le papier est difficilement contrôlable. J’irai presque dire qu’il m’a fallu un gros travail d’introspection et de lâcher prise pour accepter le fait que je ne puisse pas maîtriser les effets du séchage.
Mais revenons au fondamentaux, il y a quatre moyen d’appliquer la couleur sur le papier :
- humide sur humide (couleur très liquide et papier imbibé d’eau),
- sec sur humide (couleur très saturée sur papier imbibé d’eau)
- humide sur sec (couleur liquide sur papier sec)
- sec sur sec (couleur très saturée sur papier sec)
Plus il y aura de l’eau sur la feuille et dans la couleur plus le séchage sera anarchique et incontrôlable, pouvant donner des effets intéressants ou non et laisser un liseré plus foncé sur les bords. Les effets de la peinture varient en fonction du niveau d’absorption de l’eau par le papier. Par exemple, pour faire des fonds, le ciel, l’océan, on peut travailler sur un papier très mouillé pour que les couleurs se mélangent et se diffuse sur toute la surface. Plus le papier séchera plus les traits seront précis et saturés en pigments. Après, tout est une question de timing.
Pour mes premières aquarelles, je n’osais pas laisser sécher librement la peinture.
J’absorbais systématiquement le surplus d’eau avec un chiffon pour éviter les liserés sombres, comme pour ce portrait inspiré d’une peinture de Guillaume Seignac. J’ai passé une dizaine de couches très claires, entre beige et rose, directement absorbée par le chiffon pour rendre la carnation de la peau.
Apprendre à lâcher prise
C’est un médium qui demande des années d’expérience pour en appréhender tous les aspects, puisqu’il y a énormément de manière de le travailler. Contrairement à l’huile ou l’acrylique, qui sont opaques, les pigments d’aquarelle sont transparents ou semi-opaques, il n’y a techniquement pas de blanc. Le blanc est celui de la feuille, ce qui implique soit de commencer par les couleurs claires et rajouter les plus foncées, soit de réserver les zones blanches ou plus claires. Il reste néanmoins possible de rehausser la peinture avec de l’encre blanche ou de la gouache.
Cette particularité suppose aussi qu’une erreur sera difficile à camoufler. Ainsi, laisser le hasard décider du séchage de l’aquarelle peut théoriquement gâcher toute une œuvre. Au début, j’ai eu du mal avec cette idée, alors que cela peut donner de superbes effets, qui se rapprochent de l’abstraction, comme l’illustre les œuvres d’Ewa Karpinska.
J’ai donc fait de nouveaux essais en m’obligeant cette fois à ne pas intervenir…
Voici un premier portrait à partir d’une photo de magazine, (son regard blasée m’intriguait) pour tester comment la couleur se diffuse aléatoirement sur support humide, avec des effets pas toujours voulus, mais finalement intéressants !
Au final, après quelques tentatives dont cette aquarelle qui reprend une photo de l’australien Charles Kerry, ce que j’ai le plus apprécié c’est de multiplier les approches. Travailler certaines zones de manière très réalistes, comme les plis de la robe de cette petite fille ou de superposer des tâches de couleurs séchant librement, comme sur les reflets de l’eau ou le cheval.
Et vous, de quelles manières aimer travailler l’aquarelle ?