Pour introduire ce blog, Arteprojet, j’ai décidé de vous parler un peu de ma passion pour l’aquarelle et comment j’ai réalisé celle du bandeau peinte spécialement pour l’occasion. J’ai commencé par faire un photomontage de différentes images retravaillées, dont une représentation de la Victoire de Samothrace par Yves Klein, avec son bleu si caractéristique. Je me suis aussi inspirée du travail de la talentueuse photographe Joelle Thierry sur l’exploration urbaine (Urbex) pour le décors. Je vous invite à visiter son site : https://www.jthiery.com/ Pour le bandeau du site, je voulais une image aux couleurs douces avec un léger contraste, pour créer un univers onirique et romantique. Il y a sans doute un peu d’Alice au pays des Merveilles, au moment où elle veut aller dans le joli jardin. Dans cet intérieur richement décoré, au style victorien, le lourd rideau de velours cache peut-être un secret et la porte entrouverte vous invite à entrer… Matériel J’ai utilisé des godets d’aquarelle Winsor et Newton et du papier aquarelle 300g, 100%, taille A3 de la marque Rains. Mais finalement, je ne conseille pas ce papier, il bois trop les couleurs et il devient difficile de les retravailler une fois sèches. Préférez plutôt la marque de papier Sennelier, 300g, cold press. A l’inverse, la marque Winsor et Newton est un très bon rapport qualité prix. La réalisation m’a demandé pas mal de temps, une quarantaine d’heures, du sang et des larmes. Il y a toujours des moments de gros doutes avant que l’image ne prenne vraiment corps. Le crayonné J’ai commencé par un crayonné à partir du photomontage, en traçant les lignes principales, sans trop m’attarder sur les détails. Il faut éviter de trop appuyer sur le crayon car il peut être visible sous les couches d’aquarelle. Il s’efface difficilement une fois recouvert de pigments. Premières ombres J’ai ajouté les premières ombres avec un gris-beige très dilué sur le papier légèrement humide. Ce qui commence à délimiter les zones du dessin et rajoute du relief. Puis une première couche de bleu pour la statue, de vert pour le détail des boiseries. Pour ceux qui voudrait débuter l’aquarelle, il y a quatre approches pour utiliser les pigments sur le papier : Humide sur humide, qui donne un effet de couleurs plus fondu, surtout utilisée pour faire les fonds. Attention, le séchage est aléatoire et donne des liserés foncés sur les bords. Humide sur sec, les zones de séchages sont plus délimitées, mais toujours avec le liseré foncé et la couleur transparente. Sec sur humide, la couleur, moins diluée sera plus chargée en pigments. Elle va se diffuser sur le zone mouillée du papier et peut donner des effets de marbrures intéressants. Sec sur sec permet de travailler avec un grande précision les plus petits détails. Pour une couleur claire, donc plus dilué, passer la pointe du pinceau sur du papier absorbant pour retirer le surplus d’aquarelle. Cela évite ainsi que le trait ne bave. Couleurs de fond Afin de créer un effet de matière sur le plafond, les murs et le sol, j’ai ajouté les couleurs par couches successives après séchage. D’abord du beige orangé, puis du vieux rose, fonçant graduellement certaines zones. Les pigments d’aquarelle ont chacun des propriétés différentes, plus ou moins transparents. Utiliser par superpositions de couches très pâles, les couleurs apparaissent par transparence, sans se mélanger totalement et rendent la granulosité du papier. J’ai néanmoins préféré éviter que l’aquarelle ne sèche en faisant un liseré foncé. Il suffit de tamponner avec du papier absorbant pour retirer le surplus de peinture sur les bords et garder seulement l’effet fondu des couleurs. Ombres et détails Une fois le fond de couleur appliqué, j’ai intensifié les ombres sur le haut de la composition et sur les détails des boiseries. L’aquarelle, transparente, à l’inverse des autres peintures (huile, acrylique, gouache), ne fait pas ressortir la lumière en ajoutant du blanc. Le blanc est celui de la feuille. Ce n’est que par contraste, en ajoutant les ombres, que le lumière ressort. Ici, quoique diffuse, sa source part plutôt de la droite, malgré quelques erreurs d’ombrage. Il est plus aisé pour avoir un rendu cohérent de s’inspirer de ressources photographiques. En effet, sans aucun support visuel, c’est particulièrement difficile de faire une composition correcte de sa propre imagination. Finalisation Enfin, j’ai finalisé les détails. Pour intensifier les ombres, il est déconseiller d’utiliser du noir sur une aquarelle, qui lui donne un aspect terne. A la place, on peut utiliser du « gris de payne », un bleu-gris foncé. Ici, j’ai plutôt utilisé du bleu marine, qui contraste avec le beige orangé, renforce la luminosité diffuse et fait un rappel du bleu de la Victoire et des jardins. J’ai aussi ajouté des touches d’encre blanche pour cacher les erreurs et adoucir certaines zones colorées. En effet, le papier utilisé ne permettait pas de retirer des pigments en appliquant de l’eau claire au pinceau, puis en l’essuyant avec du papier absorbant. C’est pourquoi il est important de bien choisir son papier pour un projet ambitieux. Cela mériterai un article entier ! Même si le matériel n’est pas le plus important pour commencer, il devient primordiale dès que l’on veut aller plus loin. Dites-moi en commentaire si vous voulez d’autres conseils sur l’aquarelle et si vous seriez prêts à vous lancer, vous aussi, dans cette aventure !